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Le jour où j’ai fait un burn-out

J’ai écrit ce texte dans les semaines qui ont précédé mon retour au travail après un congé. Je m’apprêtais alors à retourner au travail après quelques semaines d’un congé un peu forcé, d’un arrêt qui m’a attrapée en plein vol: un beau burn-out dont la construction était pas mal avancée, paraît-il.

L’automne dernier, j’ai vu les feuilles changer de couleur dans la belle lumière dorée. Je les ai vues tomber, puis laisser place à l’humeur grise de novembre, puis au tapis blanc de décembre. J’ai pu profiter de ce temps pour travailler sur moi, me retrouver dans un cocon de doux.

Je me préparais alors, sur la pointe des pieds, d’un pas mal assuré, à retrouver cette routine, «à mon rythme». Je sais que c’est un privilège que j’aie pu profiter de ce congé qui m’a reconnectée avec moi, avec mon réseau, qui m’a fait découvrir de belles personnes autour de moi qui ont été des sources de lumière. Ça m’a permis de remettre des choses en perspective dans ma vie en général et de vérifier l’état de ma santé mentale. J’ai été studieuse dans ma démarche: j’ai consulté, ventilé, lu des ouvrages sur le sujet. Il fallait que je comprenne et que je trouve des réponses.

De voir qu’on parle davantage d’anxiété et de santé mentale en général m’a grandement aidée.  C’est comme si ça m’a donné la permission de vivre ce que j’avais à vivre, que ce n’était pas un signe de faiblesse ni de honte.

Ce que j’ai vu dans le prisme de mon congé m’a fait peur au début, mais a fini par me rassurer. Ça m’a déchirée de devoir quitter le travail. Appeler un psy a été un geste impulsif et presqu’irréfléchi, mais sûrement pas innocent. J’ai été chanceuse, j’ai eu un retour d’appel rapide. Je n’ai pas réfléchi. Puis, à force de parler, la digue a cédé. J’ai décidé de plonger.

Je me préparais donc à retrouver le travail tel que je l’avais laissé après les mois occupés de la rentrée. J’ai eu des petits papillons dans le ventre et je me suis parlée bien fort pour ne pas laisser mes démons me tourmenter avec des questionnements sur lesquels je n’ai aucun contrôle, en allant du plus intense au plus superficiel.

Comment j’allais m’habiller? Est-ce que les gens vont me juger? Est-ce que mes collègues vont vouloir m’épargner et me prendre en pitié? Comme si on m’avait oubliée et que je devrais travailler fort pour rétablir un lien.

Pourtant, j’avais déjà reçu de certains d’entre eux des messages bienveillants et gentils, mais j’ai eu peur de ceux qui sont moins fins, qui ont la tendance aux commérages pas mal plus forte. Même s’ils sont moins nombreux, ce sont eux dont la voix porte le plus.

Parce que c’est beaucoup à cause de ça que je suis partie, ce que les autres pensent. J’ai souvent peur de ne pas en faire assez, de vouloir penser à tout, d’être indispensable. Je suis une femme pleine de ressources au travail, pour les amis, à la maison, tout le temps, sauf pour moi.

C’est ça que j’ai appris et que je dois continuer à mettre de l’avant. Mon projet principal, c’est mon équilibre.

Je ne savais pas que cela constituerait toute une série de nouvelles étapes qui ouvriraient la porte à d’autres possibilités, comme autant de fenêtres qui s’ouvrent sur de nouvelles perspectives, comme des marches à gravir qui finiraient par m’amener plus loin, dans la lumière.

 

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J.

Source photo: Unsplash

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