ÉTATS D'ÂME TEXTES DE L-J.

Une étoile ne signifie rien jusqu’à ce qu’on nous l’enlève

Ce n’est pas un dicton pour rien: «On ne se rend compte de l’importance d’une chose, que lorsqu’on la perd.». Moi, j’ai fait usage de cette citation plus d’une fois dans ma vie et particulièrement il y a 6 mois, lorsque mon grand-papa est parti dans l’autre monde. La fête des Pères ne peut que me rappeler ce sentiment, cette impression d’angoisse et de tristesse trop intense à gérer, comme si l’on arrachait une partie de mes racines.

Dans les dernières années, à la recherche de mon identité, je l’ai mis de côté. Pas parce que je ne l’aimais pas, au contraire, car cet homme est l’homme le plus important dans ma vie et je me disais qu’il était comme immortel. C’est tellement bizarre, je sais! C’est comme si dans mon cœur, j’avais l’impression qu’il allait toujours être là, parce qu’il avait toujours été là. Mais voilà qu’aujourd’hui, il n’y est plus, et mon Dieu qu’il me manque. C’est pour cette raison que j’aimerais vous partager la lettre, que je lui ai écrite pour son départ. De cette façon, elle restera pour toujours quelque part dans l’univers:

Grand-papa, il y a des gens qui disent qu’aux funérailles d’un défunt, celui-ci est présent afin d’envelopper de son âme réconfortante tous ceux qui lui étaient chers. Si tu es présent aujourd’hui, je te salue mon grand-papa d’amour et je te prie de nous donner la force nécessaire afin d’accepter ton départ.

Malgré tous les doutes entourant la perte d’un être aimé, la chose dont je suis certaine, c’est qu’avec les souvenirs vient l’éternité. Grand-papa, tu as été un fils, un frère, un ami, un mari, un père, un grand-père et parfois même deux rôles à la fois. Tu as été un homme riche en importance et je n’oublierai jamais tout ce que tu as fait pour moi, pour nous. Tu étais toujours l’homme de la situation. Toujours présent, pour assumer jusqu’au bout tes devoirs, tes responsabilités et même au détriment de toi-même. Tu tenais à ce que tout le monde soit bien et peu importe les difficultés, jamais on ne t’entendait te plaindre. Si, parfois tu étais un peu grincheux, mais en dessous de ta carapace d’homme fier, se trouvait un cœur immense, généreux et plein de ressources. Tu étais le pilier de ma famille, et sans toi, sans tes conseils précieux, la vie serait autrement.

Avant que ton âme quitte le monde des vivants, lors de nos discussions, tu me demandais de te raconter ce dont je me souvenais de toi et le temps a manqué pour que je te raconte toutes mes petites histoires. Les souvenirs sont si nombreux, et je vais tout faire pour ne jamais oublier ces pensées qui te rendent éternel. Des 13 étés au Old Orchard Beach que tu m’as fait vivre jusqu’aux séjours de pêche à partager la même chaloupe. Mes nuits de fillettes passées chez toi jusqu’au matin rempli de biscuits gaufrettes, ces matins où tu me préparais mes œufs tournés et tranches de tomates dans ces assiettes qui me font revivre mon enfance quand je les regarde aujourd’hui. L’odeur de ta maison qui me réconforte, de tes cigares quand on était en voyage, le bruit des feux d’artifice qui me réveillaient aux nuits des 24 juin et même le goût de dentifrice mélangé avec l’eau de puits que je trouvais juste chez toi. Je n’oublierai jamais les longues marches dans les centres commerciaux, les frites imbibées de vinaigre et les molles à la vanille les soirs d’été.

Tu as été plus qu’un grand-père à mes yeux. Tu étais comme mon papa, celui qui me ramenait sans cesse à l’ordre. Tu connaissais tout le monde et tu avais cette facilité à aborder les gens autour de toi. Je sais que tu n’aurais pas voulu qu’on soit tristes.

Si tu étais encore de chair aujourd’hui, je suis certaine que tu nous accueillerais en nous demandant: «Pis, quoi de neuf? C’est quoi la marque de ton char?». L’expression de tes émotions n’était sans doute pas ton fort, mais je t’aimais comme ça, tétais unique, spécial! T’étais mon grand-papa adoré, mon modèle d’homme. J’espère que tu es bien là-haut avec grand-maman, ta sœur, ton frère et tes parents.

Dans les derniers jours, tu me disais que tu sentais qu’ils venaient te chercher et je suis certaine qu’ils étaient tous là pour t’accueillir dans un monde de paix et de repos éternel. Où que tu sois aujourd’hui grand-papa, j’espère que tu peux sentir tout l’amour que nous t’envoyons. C’est à ton tour de te reposer et de prendre soin de ton âme. Je t’aime, nous t’aimons et comme je te disais, fais de beaux rêves, je viendrai te rejoindre un de ces jours. 

Cette lettre, je la relis presque chaque jour depuis son départ et elle me rappelle l’importance d’apprécier chaque moment avec les gens que nous aimons. La vie se déroule sous nos yeux et parfois, on ne prend pas le temps d’apprécier ce que nous avons. J’ai été tellement préoccupée par mon père biologique absent, toute ma jeunesse, que je ne m’étais même pas rendu compte que j’en avais un, juste sous mes yeux, qui veillait sur moi.

 

 

 

L.-J.

Source photo: Unsplash

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