L’anxiété… Un jour à la fois


ÉTATS D'ÂME, DÉVELOPPEMENT, Personnel, TEXTES DE A., x / mercredi, novembre 21st, 2018

Salut! Je m’appelle Alexe, anxieuse depuis… depuis 28 ans en fait. D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours été anxieuse. Petite, j’avais peur que ma mère m’abandonne quand elle me faisait garder. Pire encore, je croyais qu’elle allait profiter de mon absence pour mourir. Plus tard, je me suis mise à stresser sur ce que les autres pensaient de moi et après sont arrivés les anxiogènes d’adultes, le travail, l’argent, les enfants…

Vivre avec l’anxiété, c’est comme devoir promener un gros chien. Il suffit qu’un écureuil passe pour qu’il parte après lui comme un malade. Et toi, au bout de la laisse, tu luttes pour le retenir. Mon cerveau passe son temps à essayer d’attraper tous les écureuils qui passent. Et moi, je lutte pour qu’il marche au pied et reste sur le droit chemin. L’anxiété est toujours là, mais dans les pires journées, c’est comme si un sumo était assis sur mon torse en permanence. J’ai beau changer de position, marcher, courir, le poids est toujours là. Et quand enfin la pression se relâche, c’est le soulagement. Respirer sans difficulté, sans que ça fasse mal devrait être normal, mais pour moi, c’est une réussite, un succès. Ça veut dire que l’espace d’un instant, j’ai gagné contre l’anxiété. Même si je sais que les réjouissances seront de courte durée, parce qu’au prochain écureuil, mon pitbull de cerveau va repartir sur une dérape.

Des fois, ça fait tellement mal et je suis tellement à bout de me battre, que j’ai envie de mourir. Mais pas mourir pour vrai, parce que t’sais des fois la vie est belle et que je l’aime quand même, la vie. Je veux vivre, mais je peux plus supporter de souffrir. Je souffre à des moments, des endroits où tout le monde est heureux.

Je suis probablement une des seules folles à se taper une crise d’angoisse et à pleurer en petite boule sur une chaise longue live from Cuba, direct sur la plage. Moi je paye 3 000$ pour aller brailler dans un lieu paradisiaque, parce que t’sais, ça fait changement de mon lit ou de mon vieux divan. Ça fait que je suis là enveloppée (cachée) dans mes serviettes, je regarde la mer, le soleil et je pleure parce que mon chum m’a laissée seule plus qu’une demi-heure. Il devait aller aux toilettes, mais finalement il s’est arrêté manger au resto. Ça, tu ne fais pas ça à une anxieuse! Moi, pendant que je l’attends sur la plage, je suis sûre qu’il s’est fait kidnapper et qu’il est déjà rendu à Guantanamo. Évidemment, m’imaginer ce genre d’horreur-là me permet de fuir les vraies raisons pour lesquelles j’angoisse.

Mais des fois, j’en peux juste plus de lutter contre toutes ces pensées et je me laisse aller. Ça, c’est pas beau tout de suite. Je capote et ça devient tellement intense qu’il faut que je pleure pour relâcher la pression. Mais pas pleurer genre des larmes, là. Non non! Pleurer laid. Avec des hurlements, de la morve et des paroles incompréhensives. Le pire, c’est qu’après, ça va mieux. J’ai l’air d’une épave, mais au moins j’étouffe plus. En tout cas, pas pour les prochaines minutes.

Ma vie a toujours été calme, tranquille. Pas de décès, de maladie ou de drame. Mais on dirait qu’à un moment donné, la vie s’est dit qu’elle avait été assez fine avec moi et que là c’était le temps de payer. Pis elle charge cher en cr*sse la vie. Elle avait clairement décidé de me tester. C’est durant cette période que j’ai réalisé à quel point l’anxiété me rongeait, à quel point elle me rendait non fonctionnelle. Je vivais des choses difficiles et je m’imposais de garder la tête froide et de gérer ça comme il faut. Sans faire trop de vagues, de crises. Alors que tout ce qu’il fallait c’était d’accepter. Accepter les événements tels qu’ils sont. C’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

Heureusement, aujourd’hui, je vais mieux. J’ai fait une thérapie pour m’aider à gérer mon anxiété. Je dois y travailler tous les jours. Prendre le temps d’être à l’écoute de ce que je ressens et de bien l’analyser pour ne pas tomber dans mes vieilles habitudes. Il paraît que s’améliorer en tant qu’être humain, c’est le travail de toute une vie. Moi j’y vais un jour à la fois.

 

 

 

 

A.

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Source photo: Unsplash

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