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Aimer le stress, vraiment?

Dans ma tête, j’allais écrire ce billet dans un tout autre état d’esprit, dans une année toute neuve, après un blitz de toute. Bien sûr, j’ai été naïve! Une parfaite illustration de la distorsion pandémique qui plombe tout.

Comme plusieurs, j’avais tout misé sur 2021, comme si ça allait effacer 2020!

La situation étant ce qu’elle est, j’ai perdu un peu du lustre de mon calme en écoutant comme vous conférences de presse et nouvelles qui ont fait que mon niveau d’anxiété a connu un pic assez important à plusieurs reprises, tout comme l’humeur ambiante, même avant les alertes émises dans nos téléphones et nos écrans avec leurs sons stridents.

Jusqu’à ce que toutes les informations qui ont été diffusées dans les journaux se normalisent dans ma tête… Jusqu’à ce que mon chum me fasse réaliser qu’un couvre-feu à 20 heures, ce n’est pas la fin du monde quand tu montes dans ton lit assez tôt pour lire ou même… te coucher.

Tout le temps des fêtes, j’ai tenté de m’occuper et de dompter cet état, en me disant que ça ne donnait sans doute rien de m’étourdir au lieu d’y penser et de chercher à me sentir mieux.

Dans ma pile à lire, j’ai depuis longtemps le livre Par amour du stress, de Sonia Lupien, dans son édition revue et augmentée. Je l’ai commandé à sa parution cet automne. Je procrastinais, parce que je savais que je comprendrais bien des affaires et que je me demanderais comment ça se fait que je n’ai pas ouvert ce livre avant, pis aussi parce que j’avais la fenêtre attentionnelle pas mal étroite. Je relisais souvent la même phrase sans trop en comprendre le sens et je voulais vraiment en faire une lecture rigoureuse.

À chaque fois que je vois, que je lis ou que j’entends cette chercheuse dans les médias, je la trouve tellement pertinente! Ça me parle tant!

Comme la marche est salutaire pour moi, je suis sortie dans le soleil du samedi, pendant les cours de karaté qui se font dans le salon de ma demeure, pour écouter Mme Lupien en baladodiffusion. Vous dire à quel point j’aurais pris des notes en marchant est à peine exagéré! J’en ai échappé quelques petits sons de contentement ou de surprise, quelques ricanements. J’en ai presque recommandé l’écoute aux autres piétons que j’ai croisés.

Comprenez-moi bien, ça dure 2 heures… et j’en aurais pris encore.

J’ai allongé mon trajet habituel pour terminer le podcast. En arrivant à la maison, j’avais envie d’en parler, même si je sentais que je n’avais pas tout bien assimilé encore. Le genre de matière qu’on doit revisiter à différents moments, le type de livre dont on souligne le texte presque en entier, celui qu’on offre autour de nous à tous nos proches.

Je savais que le stress et l’anxiété pouvaient être de bons alliés quand on apprend à les comprendre, au lieu de les emmagasiner et de les laisser nous envahir. En théorie, c’est facile. En pratique, c’est autre chose. Et des trucs pratiques, elle en a plusieurs à nous suggérer!

La façon dont elle explique les mécanismes du stress, de l’origine à l’histoire, est limpide et dédramatise sans banaliser. L’auteure utilise souvent l’exemple de la chasse aux mammouths dans la préhistoire. À priori, ça fait rigoler, mais c’est plein de sens.

La base: le CINÉ. Le stress est constitué de situations qu’on ne Contrôle pas, à caractère Imprévisibles et Nouvelles, qui menacent notre Égo. Je trouve que ça sonne pas mal comme la pandémie, pas vous?

On est donc, de façon planétaire, soumis à une menace, une source de stress quasi quotidienne depuis 10 mois avec très peu de recul à part celui du temps qui passe. Sans rien minimiser, rien à voir avec un examen, une situation au travail et etc. Mais la somme de tout ça, par exemple, explique bien des choses!

Pour ma part, j’ai tendance à ne pas être très empathique à mon égard: je pousse et je fonce sans écouter les signaux. En temps de confinement, ça donne parfois des relents de SPM permanent, doublés d’une humeur assez changeante. Heureusement, parmi les trucs, il y a le rire!

Reconnaître les signes du stress, trouver l’origine du stresseur, le déconstruire et le comprendre. Simple de même.

Ça n’enlèvera pas le stress de nos vies, mais ça a l’avantage de nous faire comprendre quoi faire avec. En arrivant à la maison, j’ai eu une furieuse envie de me lancer dans le livre pour m’avancer!

Comme dans le podcast, on peut donc en apprendre sur les différents types de stress, qu’il soit relatif ou absolu, la différence chez les hommes et les femmes et j’en passe. L’écoute est agréable, parce que Sonia Lupien est drôle et sait raconter. Elle explique rationnellement en s’appuyant sur des études. Ça fait changement du «faites vos recherches» qu’on entend depuis quelques mois.

Il y a tout un segment sur le positivisme, à quel point c’est perçu comme étant fleur bleue de voir la vie sous cet angle (surtout en ce moment). Ça m’a fait penser à mes réflexions du premier confinement, où j’avais le sentiment honteux d’être bien et un peu à contre-courant, comme si c’était mal de trouver du positif à la situation et qu’il fallait absolument se définir comme étant «à boutte» pour exister.

C’est un travail de tous les jours de vider l’accumulation de stress, de relativiser. Pour soi et pour notre entourage, la personne avec qui on vit, nos enfants, nos collègues… ceux qui sans le vouloir déversent leur stress sur nous.

La lecture est un bon moyen de le faire. Et si ton hamster spinne trop fort, écoute le podcast, au complet ou en petites bouchées.

Sinon, sur son site et son Facebook, Sonia Lupien recense ses apparitions télé et radio. On peut aussi, en plus des livres, accéder à des outils en ligne qui complètent le tout, sur le site de la maison d’édition Va savoir.

L’épisode de baladodiffusion fait partie de la série Sans Filtre, animée par PH Cantin et Doum Plante. Il est disponible sur Spotify, Youtube et certainement d’autres plateformes.

 

 

J.

Source photo: Unsplash

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