Après 10 ans de végétarisme…


STYLE DE VIE, x / lundi, octobre 3rd, 2016

Après 10 ans de végétarisme, je trouvais encore les véganes intenses. Aujourd’hui végane, je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas fait le saut avant.

Je suis devenue végétarienne à l’âge de 10 ans. Déjà, depuis mon enfance, je refusais plusieurs sortes de viandes. Élevée sur une terre agricole, je refusais de manger le chevreuil chassé par mon père et le jour où j’ai compris que les dizaines de poulets qui étaient dans notre congélateur étaient les poussins avec lesquels j’avais joué chez ma voisine, j’ai commencé à dire non aux repas qu’on me servait.

Mes parents ont cru que ça allait être une passe. Après 2-3 ans, ils ont compris que c’était sérieux. Ils ont commencé à m’aider un peu plus en achetant de la fausse viande, qui à l’époque commençait tout juste à apparaître dans les grandes épiceries. Je mangeais énormément d’œufs, de grilled cheese et de produits laitiers sous toutes ses formes. Il faut dire que bien que mes parents étaient ouverts, ils n’allaient pas faire un deuxième souper pour moi. Alors je me débrouillais avec ce que j’avais et ce qui était simple.

Mon frère, âgé de 4 ans de plus que moi, a fini par couper toute viande de son alimentation vers ses 17-18 ans. Puis, quand j’ai emménagé à Montréal après le secondaire, j’ai continué à me faire sensiblement le même genre de repas en appartement. Il faut dire qu’à l’époque, comme dirait n’importe quel de mes proches, je me nourrissais pour survivre et non par goût pour la nourriture. J’étais excessivement difficile et je refusais tout essai de restos végétaliens par peur que ce soit trop bizarre. Mon chum de l’époque essayait tant bien que mal de m’amener chez Aux Vivres, mais j’ai toujours refusé.

Le déclic s’est fait en décembre 2012, lorsque le documentaire québécois « La face cachée de la viande » passa à la télévision. Ce jour-là, j’ai saisi pour la première fois que la vache devait enfanter pour donner du lait et donc qu’on devait l’engrosser pour lui voler son bébé, afin de voler le lait destiné à sa progéniture, pour en faire le commerce et le vendre aux humains … Et que venait de soit la vente de veaux comme étant de la viande.

Déjà intolérante au lactose, je m’obstinais pourtant à consommer des produits laitiers depuis des années. Lorsque j’ai réalisé que la vache ne donnait pas du lait à l’infini et qu’on devait carrément l’abuser pour pouvoir boire du lait qui ne nous était même pas destiné, je me suis trouvée ridicule pour toutes les années passées. Après tout, nous sommes les seuls animaux qui boivent le lait d’un autre animal.

Ensuite, il y a prendre conscience et réussir à mettre en pratique nos nouvelles valeurs. Qu’on pense au fait que certaines études démontrent que le fromage contiendrait une substance addictive qui se libère lors de la digestion.  J’ai réalisé que c’était comme la cigarette ou l’alcool: tu dois arrêter peu à peu et tenir le coup. Pour ma part, ça m’a pris deux bonnes années et je n’en ai pas honte, c’est encore un work in progress. L’important, c’est d’y arriver et de ne pas retourner en arrière.

Pour ce qui est des œufs: également intolérante mais autant obstinée à continuer ma consommation, il a fallu que je regarde des vidéos horribles pour saisir que l’industrie rendait le fait de se nourrir d’œufs inconcevable. Les poussins sont triés à la chaîne dans les usines, le poussin mâle aussitôt broyé vivant, car il ne pourra pas être utile comme la femelle, qui elle continue ce chemin effrayant vers son destin de poule pondeuse.

Et puis après, vient tout le reste ; les vidéos d’abeilles qui se font écraser pour leur miel, la conscientisation que visiter un zoo dont les animaux ont été sortis de leur habitat naturel pour être mis en cage est d’un ridicule fou.

Voilà comment je suis passée de trouver les végétaliens vraiment intenses à devenir végane et trouver ça plus que normal.

À toutes les personnes qui se demandent encore ce qu’on mange en tant que végane, je vous invite à visiter Aux Vivres, qui est maintenant mon restaurant favori et qui est selon moi le plus accessible. Ça vous donnera des idées.

Sinon, vous pouvez suivre Projet V sur Facebook, une page où je publie avec trois autres filles ce que nous mangeons quotidiennement.

Et, étonnement, c’est en devenant végane que j’ai développé le goût pour la nourriture. Maintenant, manger est devenu un plaisir. Réaliser qu’on peut aussi bien se nourrir, sinon mieux, avec toutes les possibilités que le règne végétal nous offre, a été pour moi une révélation.

Same.

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Une réponse à « Après 10 ans de végétarisme… »

  1. Ça ressemble beaucoup à mon cheminement!
    J’ai commencé à réellement m’intéresser à la bouffe seulement après ma transition vers le végétarisme, et c’est à ce moment que j’ai commencé à manger beaucoup d’oeufs et de fromage.. pour compenser! J’étais aussi pas mal ignorante et naïve..
    C’est dur d’arrêter, mais quand on réalise toutes les conséquences négatives qu’a notre consommation, tant sur les animaux, l’environnement, que notre santé.. le choix devient évident!
    Et une fois qu’on a réussi à « se libérer », ce n’est même plus une privation! :)

    Merci pour cet article! xxx

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